SO WHAT MISTER SUN TZU ?

VARIATIONS, L’ART CHINOIS DU STRATÈGE (8). So what Mister Sun Tzu?

La guerre a le mensonge pour fondement et le profit pour ressort.

Sun Tzu

statuettes Lorsque la décision est prise, la connaissance rassemblée et la mobilisation des troupes effective, la ligne d’action doit être solide et ferme. La recherche de la rencontre déterminante suppose de s’être fait des alliés d’autant plus nécessaires que l’on progresse à découvert. L’évaluation scrupuleuse des obstacles évite les ralentissements préjudiciables ou fatals. Le bon stratège ne perd jamais de vue son objectif. Il privilégie l’économie, et une fois engagé, ne baisse jamais la garde et ne recule autrement que par ruse. Si l’ennemi bat en retraite, il ne le contraint pas à un sursaut ultime où il jouerait sa survie. Mais lorsque, en désespoir de cause, toutes les sorties deviennent pour lui inabordables, il se bat sans faiblir. Rien n’est fixe en stratégie comme dans les affaires humaines.

Il est des chemins à ne pas emprunter, des places à ne pas saisir, des armées à ne pas affronter et des offres à ne pas accepter, aussi alléchantes qu’elles paraissent. Le stratège crée en amont les conditions de la victoire, et évite de se confronter à l’ensemble des forces ennemies. Il est conséquent dans ses manœuvres sans les mettre en lumière, et il ne s’aventure pas en milieu difficile sans en avoir sondé les aspérités et les particularités. Il sait que la force naît de la faiblesse, et utilise le changement comme une source d’occasions insolites. Il affaiblit ce qui est dur et fractionne ce qui est unifié, divise par la menace, entretient les querelles dans les partis adverses, grippe et altère les relations entre alliés. S’il évite l’affrontement, il s’y prépare pour ne pas risquer la surprise.

L’anéantissement de l’armée ennemie rend ses cités impropres à assurer leur défense. Les défauts comme les vertus d’un adversaire représentent un potentiel pour le stratège habile. Cinq faiblesses se traduisent en cinq opportunités pour qui sait les identifier. En jouant de provocation, on piège l’arrogant belliqueux. On s’empare de qui craint pour sa vie. On manipule le coléreux par ses réactions disproportionnées aux insultes et l’homme d’honneur par sa hantise de l’opprobre. Enfin, on tourmente et affaiblit celui qui se révèle comme trop compréhensif.

D’après « L’art de la guerre » de Sun Tzu. © Pierre Fayard. Sun Tzu. Stratégie et séduction (Paris, Dunod 2009). Sun Tzu. Estrategia y seduccion (Buenos Aires, Claridad 2010). Sun Tzu e l’arte della seduzione. Strategie orientali per conquistare gli altri (Milano, Ponte alle Grazie, 2011) .

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